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A l'initiative du CLAP Poitou Charentes
Association régionale des cinémas d'art & essai
Rendez-vous avec le cinéma patrimoine
septembre 2010
Le Cinéma REX de Chauvigny présente:
Le film-patrimoine du mois
Du silence et des ombres
de Robert Mulligan
Avec: Gregory Peck, Mary Badham, Phillip Alford
Synopsis: Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défendre un homme noir injustement accusé de viol...
Récompensé par trois oscars, dont celui du meilleur acteur pour Gregory Peck, Du silence et des ombres est, avec Un été 42, l'un des films pour lesquels on se souvient le mieux de Robert Mulligan. Du silence et des ombres s'inscrit dans la lignée des films que Robert Mulligan a réalisés sur l'enfance, et pour lesquels il fut souvent comparé à François Truffaut.Mais si chez Mulligan, comme chez Truffaut, l'enfance trouve une représentation particulièrement juste, ciselée, exempte de mièvrerie, et propre à rendre compte de toute la complexité un peu trouble de la psychologie enfantine, le projet du réalisateur américain se démarque nettement en termes de dispositif thématique : dans Du silence et des ombres, comme dans L'Autre, Un été 42, ou encore Un été en Louisiane, l'enfant, sujet d’une mutation essentielle qui l'emmène d'un état d'innocence à une perte de cette innocence, pose un regard vierge et sans complaisance sur le monde, devenant par réfraction le révélateur d'un Mal intrinsèque à celui-ci.
Comme dans L'Homme sauvage ou dans L'Autre, Robert Mulligan désigne une menace en creux, invisible et impalpable, particulière à des peurs enfantines qui relèvent d'instincts quasi primitifs. En alternant des scènes de la vie de tous les jours, très classiques esthétiquement, et des scènes de nuit où les ombres grandissantes convoquent le cinéma expressionniste et font appel à toute l'imagerie de la littérature fantastique comme à celle du conte de fée , Mulligan joue sur des ambivalences qui par ailleurs travaillent l'ensemble de sa filmographie : le Bien et le Mal, l'ombre et la lumière, l'innocence et la cruauté...
Humaniste par l'ambition affichée de son sujet, souvent perçu comme un vibrant plaidoyer contre le racisme, c'est donc
lorsqu'il nous emmène de l'autre côté du décor, du côté des premiers frémissements d'une peur viscérale, que le film prend toute son ampleur. Et du même coup, il laisse deviner comment cette recherche instinctive d'épouvantails imaginaires peut amener des groupes entiers à se livrer à des chasses aux sorcières contre leurs ennemis présumés, ou à se passionner pour les péripéties de terrifiants procès.
Ariane Prunet - Critikat.com
une seule séance: le dimanche 26 septembre à 20h00
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