Rue des cascades

En partenariat avec
le centre culturel de St Savin


mercredi 10 janvier à 20h00

le Cinéma REX de Chauvigny présente:

RUE DES CASCADES

Rue des cascades

Un film de Maurice Delbez

- 1964 - Durée: 1h 27mn -

Avec: Madeleine Robinson, Serge Nubret, René Lefèvre

Synopsis: Une patronne de bar-épicerie vivant avec son fils rue des Cascades qui tombe amoureuse d'un bel homme d'origine africaine.

Une ode au Paris des villages qui trouve en 2017 une restauration miraculeuse pour retranscrire l’authenticité urbaine d’une époque révolue. Parallèlement, l’œuvre maudite, en avance sur son temps dans sa thématique féministe et communautariste, est un enchantement. Historique !
Portrait sensible de l’enfance et du quartier de Belleville à l’aube des années 1960, Rue des Cascades est l’un des rares films qui évoque la mixité dans ce quartier populaire, où les vagues migratoires n’ont cessé de se succéder et où on a appris à vivre ensemble. Dans un noir et blanc qui n’est pas sans rappeler les photos de DOISNEAU, MAURICE DELBEZ et son scénariste JEAN COSMOS nous permettent de parcourir un Paris éternel maintenant disparu.
La thématique politique, sociale et humaniste est à l’image du quartier choisi pour faire émerger des sentiments complexes, loin des bons sentiments redoutés. L’initiation du petit blondinet - enfant de la veuve esseulée, jeune homme raciste de circonstance qui va apprendre au contact de l’amant de sa mère à accepter la différence -, est touchante. Au-delà de sa petite bouille de "môme de la butte", c’est bien tout le casting jeune en général qui donne une formidable fraîcheur au film pavés de bons sentiments populaires et d’intentions progressistes : une épouse mariée évoque la frustration sexuelle, l’ancienne occupante des maisons closes milite pour la réouverture, l’amant noir s’amuse des stéréotypes que nourrit l’enfant à son égard, et la veuve ne se veut pas condamnée à être la femme d’un homme et de son enfant, et projette son avenir dans les bras d’un autre, plus jeune. Jamais on n’utilise le terme de cougar, si conforme à notre époque : le cinéaste octroie aux genre féminin, le même droit au désir, les mêmes besoins de sensualité que l’homme. Le discours féministe de ces personnalités des quartiers populaires tranche avec l’attitude méprisante qui sera celle des exploitants pudibonds et rétrogrades à la sortie avortée du film... Ils refusèrent pour la plupart de le projeter, estimant les propos trop dévergondés. Rue des Cascades se situe quatre ans avant la révolution culturelle de 68. Paris se construit un nouvel ADN dans les béton des tours et s’apprête à basculer à tout jamais vers la modernité.

avoiralire.com

mercredi 10 janvier à 20h00 au REX
entrée gratuite

Chauvigny cinéma