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Rendez-vous avec Ciné Mémoire

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L'objectif à l'initiative de CINA, association régionale de cinéma d'Art et Essai, est de contribuer à mettre en valeur le patrimoine cinématographique et (re)découvrir des chefs d'œuvres du patrimoine cinématographique mondial.

Présenté par Fred Abrachkoff le dimanche 15 novembre à 20h00

Quel amoureux de ce monument de la littérature mondiale qu’est ce chef-d’œuvre de Jean Giono aurait pu croire qu’une de ses adaptations cinématographiques lui aurait procuré presque autant d’émotions que la lecture du roman ?

Mais avec Jean-Paul Rappeneau à la baguette, il n’est finalement pas étonnant que la réussite soit au rendez-vous, surtout que nous avions tous encore en tête sa non moins fabuleuse et virevoltante appropriation du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre ; Depardieu qui fait d’ailleurs une apparition cocasse, tonitruante et remarquée dans Le Hussard sur le toit. Ce dernier est une réussite d’autant plus exemplaire que le roman fait partie de ces supposés livres « inadaptables » : René Clément, Jean Delannoy, Giono lui-même, François Villiers, Luis Buñuel, Christian Marquand, Frédéric Rossif, Édouard Niermans et quelques autres s’y étaient cassé les dents...

S’étant passionné pour le roman de Jean Giono grâce à la sœur de Jean Becker qui le lui avait fait découvrir peu après sa publication en 1951, Rappeneau avait rapproché à l’époque cette « épopée à cheval » du western, genre qu’il appréciait énormément en tant que jeune spectateur.

Plusieurs décennies plus tard, décidé à tenter l’expérience à son tour après les multiples tentatives avortées, mais intimidé lui aussi par la réputation du livre, il reçoit de la plupart de ses collaborateurs ainsi que de la fille de Giono le conseil « qu’il ne pourrait réussir son film qu’en trahissant totalement le roman mais en conservant la hauteur des personnages. »

Le comprenant parfaitement, d’autant qu’il savait que le roman n’était pas très "remuant", le réalisateur déclara « qu’il fallait qu’il réinvente une histoire cinématographiquement crédible afin de ne pas perdre le spectateur. »

Quant à Giono, on sait qu’il avait eu le choc de sa vie en découvrant Stendhal. Avec Le Hussard sur le toit il changeait alors un peu de style et faisait de son Angelo une sorte de Fabrice Del Dongo du début de La Chartreuse de Parme, un naïf perdu dans un monde tourneboulé. Giono nous livrait alors une vision du monde assez noire, encore sous le choc des délations et de l’épuration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et en profitait pour régler quelques comptes avec les veules et les lâches, son Angelo perché sur les toits de Manosque regardant le monde d’en bas avec horreur, témoin de la vulgarité, de l’égoïsme, de la cruauté, de la méchanceté et de la bêtise de la foule prête à lyncher le premier venu par paranoïa galopante.

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https://www.dvdclassik.com/critique/le-hussard-sur-le-toit-rappeneau

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