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Rendez-vous avec Ciné Mémoire

L'objectif à l'initiative de CINA, association régionale de cinéma d'Art et Essai, est de contribuer à mettre en valeur le patrimoine cinématographique et (re)découvrir des chefs d'œuvres du patrimoine cinématographique mondial.

Le feu follet **** 

 

« Le génie Louis Malle, au firmament »

 

Si Le feu-follet est une grande histoire, respectée presque à la lettre, c’est aussi un tour de force de mise-en-scène. Louis Malle n’a que 31 ans quand sort ce film, et pourtant il est déjà un réalisateur confirmé, avec cinq long-métrages derrière lui, et notamment une palme d’or (le plus jeune de l’histoire du festival, à tout juste 25 ans) avec Le monde du silence co-signé avec Jacques-Yves Cousteau. Il infuse son récit d’une mélancolie redoutable et implacable qui entoure son personnage principal pour ne jamais le lâcher, le précipitant vers le drame. Tout en simplicité et sans effets tapageurs, c’est comme si le cadre était tout entier concentré sur Alain, et le beau visage de patricien de Maurice Ronet, qui n’est pas sans rappeler celui de son contemporain Jean-Louis Trintignant, en peut être plus « cabossé ».

Le réalisateur d’Ascenseur pour l’échafaud signe un film, d’une classe et d’une sensibilité incroyable, qui reste à ce jour un modèle du genre. Si Joachim Trier en a réalisé une nouvelle version avec son Oslo, 31 août, il eut bien du mal à rivaliser avec l’intensité du jeu de Ronet et avec la belle mécanique de mise-en-scène d’un Louis Malle déjà au sommet de son art, si jeune. Son Feu-follet est cette petite chapelle de désespoir qui sommeille en chacun de nous, celle de ce possible point de non retour qu’il ne faut pas franchir, entre résignation et douleur.

Le Feu Follet.jpg

Présenté par Fred Abrachkoff le dimanche 11 décembre 2022 à 20h00

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